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Le consentement libre et éclairé
Aucun soin ne peut être donné sans le consentement
libre et éclairé du patient capable de discernement,
qu'il soit majeur ou mineur.
Le patient capable de discernement a le droit de refuser des
soins, d'interrompre un traitement ou de quitter un établissement
sanitaire s'il le souhaite.
(D'après les articles 23 et 23c de la loi du 29 mai 1985
sur la santé publique)
Plus en détail:
Comment le consentement doit-il être recueilli?
Avant de recueillir le consentement du patient, le professionnel
de la santé doit lui fournir une information complète,
adéquate et compréhensible, pour lui permettre de
prendre sa décision en toute connaissance de cause.
Le consentement peut être recueilli oralement ou par écrit
; il appartient au professionnel de déterminer si le cas
nécessite de faire signer un consentement écrit. Le
professionnel consignera dans le dossier le fait que le patient
a été informé et la décision qu'il a
prise, qu'il ait accepté ou refusé l'examen ou le
traitement.
Rappelons que la clarté et la précision de l'inscription
faite au dossier prend toute son importance en cas de litige. En
effet, dès le moment où le patient rend vraisemblable
qu'il n'a pas donné son consentement ou que son consentement
n'était pas libre et éclairé, c'est au professionnel
d'apporter la preuve que l'information adéquate a été
fournie et que le patient a consenti à l'examen ou au traitement.
Le professionnel doit-il obtenir le consentement du patient
pour tous les soins, même les plus banals, qui sont faits
quotidiennement?
Le consentement du patient peut être tacite s'il s'agit de
soins non invasifs ou de soins de routine qui, bien qu'invasifs,
apparaissent dans la pratique courante (par exemple une prise de
sang). Dans les autres cas, le consentement exprès du patient
est requis.
On entend par "soins invasifs" ceux qui incluent une pénétration
de la peau ou d'un orifice naturel et ceux qui touchent d'une manière
ou d'une autre à l'intégrité physique ou psychologique
de la personne.
Le professionnel doit-il obtenir le consentement d'un patient
mineur?
Dans tous les cas, les mineurs ont le droit de recevoir une information
à la mesure de ce qu'ils peuvent comprendre et de participer
à la prise de décision qui les concerne.
Le consentement du patient mineur sera systématiquement recherché
s'il est apte à exprimer sa volonté et à participer
à la prise de décision. S'il juge que dans le cas
concret le mineur a la capacité de discernement nécessaire,
le professionnel doit respecter sa volonté, même si
elle s'oppose à celle du détenteur de l'autorité
parentale.
Que faire si un patient refuse ou interrompt un traitement et met
ainsi sa vie en danger?
Le professionnel doit tout mettre en uvre pour convaincre
le patient d'accepter les soins proposés, mais il ne peut
passer outre à ce refus. Il informera clairement le patient
sur les conséquences de sa décision. Il consignera
au dossier l'information donnée au patient et la décision
que celui-ci a prise.
Que faire si le refus d'un traitement par le titulaire de l'autorité
parentale risque d'avoir des conséquences graves pour la
santé du patient mineur?
Si une décision du représentant légal met en
danger la santé de l'enfant, le professionnel peut saisir
la Justice de Paix pour demander une suspension temporaire de l'autorité
parentale. En cas d'urgence, il agira sans attendre, dans l'intérêt
objectif de l'enfant.
Dans une équipe médicale, qui a l'autorité
d'apprécier la capacité de discernement d'un patient?
C'est le médecin responsable du traitement. Il peut déléguer
cette prérogative à un autre professionnel compétent.
Qu'est-ce que le discernement?
Etre capable de discernement, c'est avoir la faculté d'évaluer
une situation, de prendre des décisions pertinentes en conséquence
et d'apprécier la portée de ses actes.
Toute personne est présumée capable de discernement,
à l'exception des jeunes enfants et de personnes qui en sont
privées par suite de maladie mentale, de faiblesse d'esprit,
de perte de conscience, d'ivresse ou d'autres causes semblables.
Le fait d'être atteint de troubles psychiques, d'être
hospitalisé en établissement psychiatrique, d'être
très âgé, d'être hébergé
en établissement médico-social, d'être sous
tutelle ou d'être mineur n'est pas synonyme d'incapacité
de discernement.
Comment la capacité de discernement est-elle appréciée?
La capacité de discernement s'apprécie de cas en cas.
Elle est déterminée en fonction de la situation bien
précise dans laquelle se trouve le patient et de la question
qui se pose; elle doit être évaluée chaque fois
qu'une décision est prise. Si le professionnel juge que le
patient n'a pas son discernement, il faut qu'il documente le cas
et le décrive précisément dans le dossier.
Quelle est la procédure à suivre en cas d'incapacité
de discernement?
Avant d'administrer un traitement, le professionnel recherchera
si le patient a rédigé des directives
anticipées ou s'il a nommé un représentant
thérapeutique. Si ce n'est pas le cas, le professionnel
doit obtenir l'accord du représentant légal, s'il
y en a un.
En l'absence de directives anticipées, de représentant
thérapeutique et de représentant légal, le
professionnel doit prendre l'avis des proches. Il n'est toutefois
pas lié par cet avis et n'a pas l'obligation d'obtenir leur
accord avant d'administrer le traitement qui lui paraît adéquat.
En cas d'urgence, le professionnel agira sans attendre, au mieux
des intérêts objectifs du patient et en tenant compte
de sa volonté présumée.
Que faire si le patient n'a pas son discernement et qu'il y
a désaccord entre la famille et un autre proche, par exemple
le concubin?
Le professionnel de la santé recherche tout d'abord si le
patient a laissé des directives anticipées, s'il a
nommé un représentant thérapeutique ou s'il
a un représentant légal. Si ce n'est pas le cas, le
professionnel n'est pas tenu de suivre l'avis des proches; il agit
selon son intime conviction, au mieux des intérêts
objectifs et de la volonté présumée du patient.
En cas d'incapacité de discernement, jusqu'à quel
point le professionnel doit-il rechercher si le patient a rédigé
des directives anticipées ou s'il a nommé un représentant
thérapeutique?
La loi précise que le patient doit rendre ses directives
anticipées aisément accessibles aux professionnels
de la santé. On conseille généralement au patient
de les porter sur lui, de les remettre à la direction de
l'établissement ou de les confier à son médecin
traitant et à ses proches. Le professionnel consultera donc
ces différentes sources avant d'agir.
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