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Le secret professionnel
Le patient a droit au respect de la confidentialité pour
tout ce qui touche à son état de santé.
Les professionnels de la santé ont l'obligation de respecter
le secret professionnel, aussi appelé secret médical.
Ils doivent garder pour eux les informations dont ils ont eu connaissance
dans la pratique de leur profession. Sauf exception prévue
par la loi, ils ne peuvent pas les transmettre sans l'accord de
leur patient.
Le secret professionnel s'applique également entre professionnels
de la santé.
(D'après les articles 80 et 80a de la loi du 29 mai 1985
sur la santé publique)
Plus en détail:
Qui est astreint au secret professionnel?
Toute personne qui pratique une profession de la santé conformément
au chapitre VII de la Loi sur la santé publique doit respecter
le secret professionnel.
Les autres personnes qui collaborent avec les professionnels de
la santé, comme par exemple les secrétaires médicales,
les aides-soignantes ou les stagiaires y sont également astreintes.
Quelle est l'étendue du secret professionnel?
Le secret professionnel couvre toutes les informations dont le professionnel
de la santé ou ses auxiliaires ont connaissance dans l'exercice
de leur profession.
Dans quelle mesure le secret professionnel doit-il être
respecté vis-à-vis des autres professionnels de la
santé ?
En principe, le secret professionnel s'applique également
entre professionnels de la santé.
Toutefois, le secret peut être partagé entre professionnels
de la santé contribuant à la prise en charge d'un
même patient, dans la mesure strictement nécessaire
et suffisante à chacun pour apporter sa contribution.
Si la prise en charge passe par l'intervention de plusieurs professionnels,
le patient doit en être informé et y consentir. S'il
refuse de lever le secret à l'égard de ces autres
professionnels, le soignant le rendra attentif au fait que cette
décision pourra avoir des conséquences défavorables
pour son traitement.
Lorsque des non-professionnels de la santé (des assistants
sociaux par exemple) participent de manière indispensable
à la prise en charge d'un patient, des informations peuvent
leur être transmises, dans la mesure strictement nécessaire
à l'accomplissement de leur tâche.
Le professionnel a-t-il l'obligation de transmettre à
des tiers des informations sur le cas d'un patient si le patient
lui-même en fait la demande?
En principe le professionnel est tenu de respecter la volonté
du patient de transmettre des informations à des tiers. Cependant,
il peut s'en abstenir dans des circonstances très exceptionnelles,
par exemple s'il juge que la divulgation de ces informations peut
causer un tort important au patient. Il s'en expliquera de manière
appropriée vis-à-vis du patient.
Qu'en est-il du secret médical lorsqu'il s'agit d'un
patient mineur?
Le patient mineur a les mêmes droits que l'adulte. La volonté
du patient mineur capable de discernement - généralement
vers quatorze ou quinze ans; cette capacité s'apprécie
de cas en cas - doit être respectée. Ainsi, si le patient
mineur refuse de dévoiler des informations sur son état
de santé à ses parents, le professionnel est tenu
de respecter ce choix.
Quels sont les cas où le secret professionnel ne peut
pas être invoqué?
Le secret professionnel ne peut pas être utilisé contre
le patient lui-même. Le professionnel de la santé ne
peut donc en aucune manière se retrancher derrière
lui pour éviter de donner des informations au patient ou
pour lui refuser l'accès à son dossier.
Le professionnel ne peut pas non plus se prévaloir du secret
professionnel pour refuser de renseigner les autorités sanitaires
et pénales sur des faits dont il est accusé ; il ne
peut pas davantage invoquer le secret professionnel pour éviter
de témoigner devant les juridictions civiles dans le cadre
d'un conflit qui l'oppose à un patient.
Dans quels cas le professionnel de la santé peut-il être
délié du secret?
Fondamentalement, c'est le patient qui est le maître du secret
médical. C'est donc avant tout lui qui délie le professionnel
du secret s'il juge que c'est nécessaire.
Le professionnel de la santé peut par ailleurs être
délié du secret dans certaines situations prévues
par la loi:
- Lorsqu'une loi fédérale ou cantonale fait obligation
de renseigner l'autorité ; certaines maladies transmissibles,
comme la tuberculose ou la méningite, doivent obligatoirement
être annoncées aux autorités sanitaires.
- Les professionnels de la santé ont le devoir de dénoncer
les cas de maltraitance de mineurs dont ils ont connaissance ;
ces dénonciations s'adresseront au Service de protection
de la jeunesse. Ils doivent aussi dénoncer les cas de soins
dangereux ou de maltraitance commis par d'autres professionnels
sur la personne d'un patient ; ces dénonciations s'adresseront
à la Commission des plaintes compétente.
- La loi fédérale sur la circulation routière
prévoit que le médecin peut signaler aux autorités
les conducteurs dont l'état de santé diminue la
capacité de conduire.
- La loi fédérale sur les stupéfiants permet
de signaler des personnes toxico-dépendantes au médecin
cantonal
- Si le patient n'autorise pas le professionnel à transmettre
des informations à son sujet, celui-ci peut, pour des raisons
importantes, demander à être délié
du secret par l'autorité de surveillance cantonale. Cela
peut par exemple être le cas si le médecin diagnostique
une grave maladie transmissible et veut informer le conjoint du
patient des risques d'infection. Dans le Canton de Vaud, la demande
de levée du secret médical est adressée au
Conseil de santé, par une lettre envoyée au médecin
cantonal donnant les éléments pertinents de la situation.
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